[Fiction] Clair-obscur

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[Fiction] Clair-obscur

Message par Cauchemar le Mar 17 Avr - 14:18

Il y a pas longtemps, je parcourais la section de la Place de la fontaine, et je suis tombé sur le RP multi "Les naufragés des mondes". En le relisant, je me suis dit que je pourrais écrire là-dessus, pour remettre un poil d'animation. Alors, trêves de bavardages, voici l'histoire du personnage que j'incarnais, Alek !
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La nuit est tombée sur les ruelles de Pääoma, capitale du royaume de Valtakunta, propriété de la famille Alwenn (Enfin, du comte Albiss Alwenn, si vous voulez être précis). La plupart des habitants sont rentrés chez eux, il n'y a plus personne dans les rues. Seuls sont présents quelques ivrognes, qui titubent contre les pavés. Un seul intrus parmi eux ; c'est un messager du comte. Soudain, il s'arrête, interloqué ; il a cru entendre un faible cri, qui lui semble familier. Le son retentit à nouveau, et enfin la mémoire lui revient.
Cette faible plaine, c'est le sanglot d'un nourrisson...
Un troisième cri, et il identifie la source du bruit. Il soulève un lambeau de tissu derrière lequel remue une forme. Derrière se trouve un bébé de quelques semaines, avec pour seul signe distinctif une chaîne en fer autour du cou, avec gravé dessus "Alek".
Ce bébé, c'est moi. Malheureusement, trouver un nourrisson abandonné est chose courante ici. Tant de parents n'ont pas de moyens pour subvenir aux besoin de leur enfant...
Le messager me ramasse et m'emporte avec lui dans la nuit.
Vous connaissez la suite, vous me dites? Il se prend de pitié pour moi, m'amène au comte qui décide de me recueillir et de m'élever, je grandis, devient son héritier puis un gouvernant apprécié de tous?
Vous avez trop écouté de légendes populaires...
Le messager, parce qu'il était pressé, m'a déposé dans le premier orphelinat qu'il a trouvé et est parti délivrer son message au comte, qui n'a jamais entendu parler de moi.
Et c'est ainsi que je suis entré dans la vie...Je suis parti de zéro.
De bien en dessous de zéro...

Cinq années ont passé. A l'orphelinat, j'étais déjà un enfant spécial. Alors que tout mes camarades d'infortune jouaient à la marelle (pour les filles) ou couraient après celles qui jouaient à la marelle (pour les garçons), moi je les regardais tous de mes yeux émeraude, avec mon air triste, le regard rivé vers la marelle.
En fait, tout était une histoire de marelle...
Je ne supportais pas l'orphelinat. Je m'y sentais oppressé, seul, déprimé. Je passais mon temps au cachot parce que je ne répondais pas aux responsables ou parce que je refusais d'obéir. Je voulais m'enfuir...J'avais besoin de liberté, de sentir le vent sur mon visage et dans mes cheveux corbeau et...je vais vous épargner le reste parce que je sens que vous n'avez pas la fibre poétique.
J'ai fait ma première fugue à l'âge de 5 ans. Je crois que je m'en souviendrai toujours...
Les gardiennes de l'orphelinat ont dû s'absenter pour recevoir un visiteur. La fenêtre du troisième étage sous les combles, où nous étions, était ouverte. J'ai sauté et je me suis agrippé au rebord sous le regard médusé de mes camarades. J'ai sauté sur le toit, suis descendu dans la rue et j'ai couru. Je me sentais heureux.
J'ai disparu dans le clair obscur de la lune qui descendait vers l'horizon...

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Voilà c'était le premier épisode de l'histoire ! Je vous retrouverai sûrement bientôt, en attendant n'hésitez pas à commenter !
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Episode 2 : Premières fugues

Message par Cauchemar le Mer 18 Avr - 17:03

Voici la suite que vous attendiez tous, je le sais ! Bonne lecture de l'épisode 2 !

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La pluie ricoche sur les pavés, ruisselle le long des murs. Tout le monde est abrité, ou court chercher un refuge. Et moi je cours comme un dératé sur les toits, profitant de la fraîcheur de la nuit.
Je n'ai jamais été aussi heureux. J'ai envie d'éclater de rire en sautant d'un toit à l'autre, même si je risque de me tuer en glissant sur les tuiles mouillées. Je descends dans la rue, et je me promène dans les voies sombres, toujours euphorique. C'est si bon de découvrir la liberté...
Alors que je commence à fatiguer, je trouve un morceau de toile et je l'accroche à quelques bouts de bois. Je m'endors en regardant le ciel par un trou du tissu ; les nuages sont partis. Mes rêves se remplissent d'étoiles...
Je suis réveillé par le bruit de sabots claquant contre les pavés. Je sors la tête de mon abri, curieux.
Je la rentre aussi sec.
Deux chevaux, qui tirent un splendide carrosse, viennent de passer à quelques centimètres de moi, et se cabrent. Effrayé, je sors en courant et manque de me faire renverser. Alors que je vais disparaître, un main m'accroche et me maintient d'une poigne ferme. Le cocher, qui vient de m'attraper par la peau du cou, s'exclame en riant :
- Holà, du calme p'tit gars ! Où tu voulais t'carapater comme ça dis donc? Hé, pas la peine de gigoter autant !
Me voyant incapable de me dégager, j'arrête de me secouer. Il poursuit, toujours le sourire aux lèvres :
- Ben v'là, quand tu veux !
Soudain, la porte du carrosse claque. Un homme richement vêtu en sort : vêtements cousus de fil d'or, perruque blanche, gilet en lin teint de bleu... Un noble sans aucun doute. Mais la chose qui me frappe le plus, c'est son attitude, pleine d'arrogance et de suffisance.
- Mais pourquoi t'es-tu arrêté, cocher à la manque? Quand ton maître est pressé, peu importe si tu dois écraser femmes et enfants, tu continues ta route ! s'exclame-t-il, en train de réajuster sa mise, pourtant parfaitement en place. Il se regarde dans la vitre, et redresse un peu sa perruque.
Je ne comprends toujours pas comment il a réussi à faire rentrer son ego dans le carrosse...
Alors qu'un attroupement de curieux se forme, le pauvre cocher répond, embarrassé :
- Mais, monseigneur le Duc, ce n'est qu'un mioche...
Et le noble arrogant répond :
- Tu vas voir ce que j'en fais, de ton mioche !
Il s'avance d'un pas rapide, et me colle une grande claque en plein visage.
Je tombe sur les fesses, stupéfait.
- Allez, en route ! s'exclame-t-il. On a assez perdu de temps !
Le cocher me regarde, sincèrement désolé. Il me prend doucement, et me dépose sur le côté.
- Vraiment désolé, petit...
Je regarde, médusé, le carrosse partir. L'attroupement se disperse, pas une personne ne me regarde. On dirait qu'ils sont habitués à ce genre de scènes...

Je reste un moment assis, stupéfait. Puis je commence à avoir peur : je suis en territoire inconnu...
Je cours jusqu'à l'orphelinat - je remarque au passage que j'ai un sens de l'orientation assez développé-. Lorsque les instructrices ouvrent la porte, elles ont un air stupéfait. Je dis simplement, plein d'espoir de les voir heureuses de mon retour :
- C'est moi. Je peux rentrer?
Ma fugue me vaudra 30 coups de bâton, 10 jours de cachot et un mois de corvées.
On a fait mieux comme accueil chaleureux...
Pourtant, je n'ai pas oublié l'ivresse de ma première nuit dehors. C'est elle qui me permet de tenir au cachot. Et je sens se développer en moi une rage surpuissante pour tous ces nobles suffisants qui nous traitent comme des moins que rien... Je me jure de nous venger, moi et les autres petites gens, de ces infâmes personnes.
Ces deux désirs font naître en moi une envie irrépressible : celle de m'enfuir à nouveau.
Cette première fugue n'a pas été la dernière...

**********************************************
Et voilà, fin de l'épisode 2 ! Pour ce qui est de la suite, il vous faudra attendre encore un peu... J'attends cependant tous vos commentaires !
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Episode 3 : La dernière échappée

Message par Cauchemar le Jeu 19 Avr - 15:46

Je vous sens tous impatients, alors je me remets au boulot ! Allez, maintenant c'est à vous de vous replonger dans le monde d'Alek pour le troisième épisode...

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Les années passent. Je fête mon sixième, puis mon septième anniversaire. Je continue mes évasions dans la capitale, développant une agilité hors du commun. Ajoutez ça à un bon sens de l'orientation, une peur quasi-inexistante et un fort goût du risque, vous obtenez un gamin monté sur ressort (ou dopé à la piqûre Osamodas, à vous de voir...). Les instructrices finissent par s'habituer à mes fugues régulières. Et continuent à me coller des jours de cachot, coups de bâton et mois de corvées (en cumulant, je dois en être à presque 3 ans...), juste par principe.
Ai-je déjà dit que je détestais les principes?
Mais tout cela ne me décourage pas le moins du monde. C'est presque l'effet inverse, et je sens que dans les mois qui viennent je vais partir définitivement... Et j'ai l'impression que les instructrices le sentent aussi. D'ailleurs, depuis quelques temps elles ont l'air un peu plus détendues. Allez savoir pourquoi...
Je vous sens légèrement amusés. Un enfant de 7 ans qui s'enfuirait d'un orphelinat et irait vivre dans les rues hostiles?
...Taisez vous et continuez à lire.

Et puis, je fête mon huitième anniversaire... Si on peut appeler ça une fête. Je venais de récolter un mois de cachot pour ma dernière fugue (record en cours), et la seule chose sur laquelle j'aurais pu souffler, c'est sur la poussière qui s'accumulait dans la petite cellule.
Si vous trouvez plus déprimant, je vous respecte (bon courage...).
Soudain, la porte rouillée s'ouvre, dans un grincement de fin du monde. Une gardienne vient me chercher pour les formalités habituelles, c'est à dire changer les papiers, pour bien certifier que j'ai mes 8 ans. Elle me traîne par la peau du cou jusqu'au bureau de la directrice. Celle-ci me toise, avec son air méchant. Elle m'annonce :
- Bien, Alek. Comme aujourd'hui c'est ton anniversaire, nous allons réduire ta peine de cachot. Tu seras libre de retourner avec tes camarades à la fin de cette entrevue.
Puis, avisant la lueur d'espoir qui se forme dans mes yeux :
- Bien sûr, les jour manquants seront remplacés par 6 mois de corvées supplémentaires.
Nouveau record !
- Maintenant, signe ce papier et retourne au dortoir. N'oublie pas, la vaisselle t'attend après le repas...
Je remonte, la démarche plus lourde et pesante que jamais.

Une fois dans le dortoir (vide), je m'assois sur le lit. Et je prends ma décision : je pars, définitivement.
J'emballe les maigres possessions dans ma couverture en toile, et je la noue à les épaules.
Une fois mon sac de fortune bien accroché, je m'engouffre par la fenêtre ouverte et je m'enfuis par les toits.
Je jette un dernier regard à ce sordide bâtiment dans le quel j'ai passé (gaspillé?) huit années de ma vie.
Et je me retourne, et m'enfuis à travers les rues de la ville. Au loin, j'entend les cloches sonner.
D'un air qui me semble lourdement définitif...Mais avec une nuance d'espoir?

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Voilà voilà, fin de l'épisode 3. J'espère que vous avez aimé, et je vous donne rendez vous bientôt pour l'épisode 4 !
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Partie I : Enfance / Episode 4 : Dans la rue

Message par Cauchemar le Ven 20 Avr - 16:23

Bonjour à tous, voilà le quatrième épisode de ce qui sera la première partie : "Enfance", et qui devrait comporter cinq ou six épisodes. L'histoire comptera au moins deux parties, peut-être trois. Mais pour l'instant, je vous invite à continuer à lire, à commenter et à faire passer le lien à ceux qui n'ont pas encore lu ! Bonne lecture !

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Je cours dans les ruelles sombres -encore une fois-. Mais cette fois-ci, c'est la fin d'une époque : mon temps à l'orphelinat (sur Terre, je ne suis pas pressé) est maintenant terminé. L'avenir me paraît pourtant bien sombre, malgré tout l'espoir que j'ai. Un enfant de 8 ans dans les rues a en effet toutes les raisons d'avoir peur... Mais je ne suis pas un enfant ordinaire (je l'ai déjà dit, non?). En quelques acrobaties, me voilà sur un toit. Tout au bout, je repère un auvent. Je déplie mon sac/couverture, et j'étends mes faibles possessions autour de moi. Je me pelotonne contre un petit muret qui dépasse des tuiles.
Je sombre dans la douce inconscience des rêves...

Le chant d'un coq me réveille au matin. Je m'étire, en pleine forme, surpris d'avoir aussi bien dormi. Je me sens revigoré, l'avenir devient lumineux...
Les premières désillusions sont arrivées bien vite.
Par l'estomac, précisément.
Alors que je me promenais, non loin d'un marché, mon ventre a grondé bruyamment. Je me suis rendu compte à quel point j'avais faim... Mais quoi faire? Mendier ? Voler? Ne pas manger?
Un nouveau grondement -je vous jure que des passants se sont retournés- écarte d'emblée la troisième hypothèse.
Je regarde autour de moi ; quelques mendiants sont là. Aucun n'a de quoi manger, à peine quelques piécettes.
Je soupire. Il semble que je doive voler pour survivre...
Pour calmer mes scrupules (un voleur scrupuleux? Je vous entends rire d'ici...), je vais repérer les marchands qui vendent au marché tout proche. J'en vois un très antipathique, qui a un regard malveillant, et semble surveiller ses pommes comme la prunelle de ses yeux. Je le vois donner une gifle à un gamin d'une dizaine d'année, son apprenti sûrement. Mon choix est fait.
Le marchand remarquera des heures plus tard qu'il lui manque cinq pommes, hurlera au vol à qui voudra l'entendre et récoltera une amende pour tapage public.
Quand à moi, j'ai de quoi manger pour...combien de temps?
La vie dans la rue s'annonce très dure... Pour l'instant, j'ai de la chance. Je sais où me "fournir" (le régime pomme, c'est pas franchement mon truc, mais je n'ai pas vraiment le choix...), et nous sommes au printemps ; il fait assez chaud.
Mais...que va-t-il se passer quand j'arriverai à l'automne, ou pire, l'hiver?

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Et voilà, c'était l'épisode quatre ! On se reverra pour le cinquième épisode... Que j'écrirai selon mes propres idées (mon père et ma soeur, qui ont lu l'histoire, m'ont conseillé de mettre du "piment", par exemple en rencontrant une riche héritière de 82 ans... Irk !)... Sur ce, bonne soirée et à bientôt !
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Episode 5 : Vivre ou mourir.

Message par Cauchemar le Sam 21 Avr - 17:48

Et voici enfin le cinquième épisode de la partie 1, je vous rassure il en restera encore un ! Pour changer, je vais vous répéter la même chose : lâchez vous sur les commentaires ! Profitez bien de votre lecture...

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Les mois ont passé. Nous sommes maintenant aux trois quarts de l'automne... Et on pourrait résumer la situation par une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne d'abord? C'est vous qui voyez...
La bonne nouvelle, c'est que j'ai survécu jusqu'ici.
La mauvaise, c'est que l'hiver arrive et qu'il risque d'être très froid (ça fait deux mauvaises nouvelles, je sais, mais je préfère positiver).
Il faut donc que je m'organise : procéder étape par étape. Premièrement, construire un abri. Pour ça, j'ai ma petite idée...

Je retourne sur le toit où j'ai dormi la première nuit, et où j'ai élu domicile. J'y ai apporté quelques améliorations : J'ai installé deux piquets de bois fixés entre plusieurs cailloux, un peu avant le muret et le auvent en pierre. Ils me serviront à tendre des toiles, quand j'en aurai. Ma couverture-sac, elle, est toujours avec moi, car je tiens trop à mes faibles possessions. Dans un coin, à l'abri de la pluie, et bientôt du vent, je range mes provisions. Je note que je viens de les finir ; il faudra que j'aille me "réapprovisionner"... J'ai commencé à ramasser de la paille, il m'en faudra encore beaucoup pour faire une sorte de nid. Il faudra sûrement que je visite des écuries... Pour ce qui est des toiles, je sais qu'un marchand de cuirs, peaux et tissus (peu sympathique, bien sûr, mes scrupules sont toujours là...) passera dans une semaine. Il faudra donc que je passe la semaine à explorer les écuries, et à rapporter du foin. Et aussi, à me fournir en nourriture. Cela nous amène à la deuxième étape...

Il faudra bien que je me fournisse en nourriture pour tout l'hiver...Je me dirige vers le marché, pour aller saluer mon marchand "préféré". Il a récemment transformé son commerce en "fruits-légumes-épicerie", ce qui m'arrange plutôt. Le régime pommes exclusivement, c'était franchement pas mon truc. D'ailleurs, quand je pense à lui...Il n'est pas à son emplacement habituel. Je fronce les sourcils. Soudain, je le repère, au fond le la place. A-t-il changé de place pour stopper les vols réguliers qu'il n'arrive pas à faire cesser?
Mauvaise pioche.

Alors que retentissent les premiers hurlements -je suis à huit cent mètres, je n'aurais jamais pensé qu'un être humain aurait une telle voix-, je fais le point sur mes provisions. J'ai commencé à stocker des gâteaux de céréales, qui pourront se conserver longtemps. Assez longtemps? Je l'espère...
Pour ce qui est des fruits et légumes, je pense pouvoir me fournir régulièrement auprès de mon marchand. Je ne sais pas comment il parvient à avoir des fruits et légumes toute l'année...Il doit exploiter des Sadidas clandestinement.
Pour ce qui est de l'eau...J'ai quelques récipients (Volés, vous dites? Vous commencez à me connaître...) qui stockent l'eau de pluie. Je ferai fondre la neige -sûr qu'il y en aura- en cas de besoin. Pour le chauffage... Eh bien, je me débrouillerai comme je pourrai. Mais autant éviter le feu, un abri en bois, toile et paille résiste peu aux expérimentations pyromaniques.

La semaine passe. Je récolte la paille, et vole les toiles (ce marchand-là aussi avait une sacrée voix...Ils doivent faire des vocalises tout les matins, c'est la seule hypothèse valable ). Je vole encore quelques gâteaux de céréales (nouvelle avalanche de décibels), et bricole une système de chauffage en détournant la fumée de cheminée, qui passe à présent sous mon abri. Mon refuge de fortune est à présent terminé.
Il était temps.
Je me réveille le matin suivant sous la neige. L'hiver est enfin là, il a même de l'avance.
C'est le début d'un long combat...

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Fin de l'épisode 5, vous êtes presque au bout de la partie 1 ! Alors continuez à lire, à savourer, et rendez-vous prochainement pour le dernier épisode !
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Episode 6 : Hiver et nouvelle vie

Message par Cauchemar le Dim 22 Avr - 19:21

Et voilà enfin la fin de la première partie, j'espère que vous avez apprécié et que vous aller autant aimer la suite ! Alors, bonne lecture de cette fin de partie !

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Je me réveille, sous la neige. Pour certains, ça pourrait être une bonne nouvelle, synonyme de joie et de jeux...
Quand vous vivez dans la rue, la neige est, avec le froid, votre pire ennemi. Au moins, elle me permettra de boire...
Je soulève la toile et je sors de mon abri, déjà gelé malgré tous mes efforts. Il me reste encore deux mois et demi d'hiver...
Survivre va être un combat de tous les instants.
Pour rester en activité, je descends vers la place marchande, où quelques commerçants sont ici pour augmenter leur chiffre d'affaires.
Tiens, mon marchand en fait partie... Je l'imaginais plutôt du genre flemmard, à traîner au lit.
Finalement il est plutôt du genre avare, ceux qui n'en ont jamais assez...
Je m'approche un peu, et je manque de m'étouffer.
Le petit homme grassouillet porte un haut en laine épaisse, d'un vert kaki rayé de rose fuchsia, avec des ornements jaunes poussin. Un bonnet de laine bleue clair parachève le tout et s'applique sur son crâne chauve et luisant. J'aperçois une touffe grisonnante qui ressort. Le tout sur un fond blanc neigeux est absolument atroce.
A ce moment, deux options s'offrent à vous : la nausée ou le rire.
Je me précipite dans une ruelle voisine et j'explose de rire. Une bonne vraie crise, de celles qui vous font mal aux abdominaux à en pleurer (toujours de rire, bien entendu.) Certains passants me regardent, médusés. Puis leurs regards se portent vers le marché.
Je vous jure que certains m'ont rejoint, à se rouler dans la neige...
Une fois mon fou rire calmé, je retourne emprunter (durée indéterminée) quelques provisions à l'épouvantail coloré. La commissure de mes lèvres continue de tressauter, dès que j'entrevois le mélange ignoble.
Surtout, ne pas regarder. Inspirer profondément. Expirer...
Je repars avec quelques pommes et trois gâteaux de céréales.
Un dernier regard vers l'étal, et je retourne me rouler dans la neige de la ruelle.
Je retourne à mon abri, prêt à affronter le reste de l'hiver...

Les jours passent, les semaines aussi. Je me retrouve soudain au printemps.
Le constat est affolant.
Avant, j'étais assez mince pour mes huit ans. Maintenant, je suis carrément squelettique. J'ai dû perdre une dizaine de kilos...
Si cela continue ainsi, je ne passerai pas le prochain hiver...
Il me faut un abri. C'est impératif.

Alors que je songe à cela, une charrette me bouscule et manque de m'écraser. Elle contient quelques morceaux de bois... Un bûcheron qui vient de vendre sa production en ville. Il s'arrête.
- Tout va bien, petit?
- Oui, ne vous inquiétez pas.
Il voit que je n'ai que la peau sur les os.
- Ça te dirait de venir avec moi?
Éreinté, j'accepte. Je ne me sens plus la forme de retourner sur mon toit...
Il m'emmène chez lui. Sur le chemin, j'observe les bois, à la lisière de la ville. Une idée germe dans mon esprit...
Je la lui expose le lendemain matin, m'étant écroulé de fatigue à peine arrivé. Il hésite un peu, mais approuve.

Nous passons plusieurs mois à la construction. Pendant le chantier, je dors chez lui, dans la réserve. J'ai rapatrié mes effets personnels depuis mon toit. Nous mettons ensemble en place chaque pièce de bois, en s'appliquant bien pour que tout soit au mieux ajusté, compte tenu de la difficulté. C'est en partie ce qui nous ralentit, et en plus mon ami doit aussi assurer sa subsistance, et m'aide dans ses moments de temps libre...
Mais, malgré toutes les difficultés, à la mi-été l'oeuvre est enfin réalisée. Quelques poutres de bois, quelques murs de bois, une vitre de verre sale, une porte en bois presque vert...
Une cabane, légèrement bancale, d'aspect peu solide, perdue peu après la lisière des bois.
Mon nouveau chez-moi.
Une nouvelle vie commence...

********************************************

C'en est enfin fini de la partie 1 ! Je reviendrai bientôt avec Alek, pour la partie 2. En attendant, n'hésitez pas à me donner votre avis sur la partie 1 !
A bientôt !

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Partie II : Apprentissage / Episode 1 : Contrats

Message par Cauchemar le Mer 2 Mai - 5:44

Vous l'avez attendue, la voilà ! Après une petite pause, voici enfin la suite de la fiction ! Bonne lecture...

*************************************************
L'été jette ses premiers rayons sur les toits de Pääoma. On entend des enfants rire, des adultes parler gaiement... On pourrait croire que tout va pour le mieux. Pour tout le monde? Pas exactement. Deux personnes au moins passent un mauvais moment. Un riche marquis, qui vient de se faire voler sa bague préférée (en or massif, sertie de dix diamants et cinq rubis), et qui se dit que parmi les cent autres il n'en trouvera pas une qui la remplace efficacement. Et le voleur de la bague, qui est poursuivi par toute sa garde rapprochée, ou peu s'en faut.
Ca, c'est moi. Je vous ai manqué?
Une hallebarde se plante à quelques centimètres de mon visage. D'accord, message reçu. D'abord courir, ensuite parler.
En quelques acrobaties, je me retrouve sur un toit. Je m'arrête deux secondes, le temps de narguer les gardes qui peinent à monter. Puis je prends mon élan, saute et me retrouve sur un toit de l'autre côté de la rue. Encore deux ou trois cabrioles et je suis au pâté de maisons suivant. Je regarde derrière moi. Les gardes semblent renoncer. Encore une acrobatie (pour le principe), et me voilà dans une ruelle, à peu près en sécurité. Puis je me rends à l'auberge du Chacha Sanguinaire (belle inspiration, n'est-ce pas?), pour retrouver mon commanditaire et lui remettre la bague. Le mot commanditaire vous intrigue? Vous avez raté plusieurs épisodes, vous... C'est d'accord, séance de rattrapage !

J'ai bien grandi, maintenant que j'ai une "maison" toute à moi. Je retournais faire mes courses régulièrement (je vous laisse deviner où...), puis, à lâge de onze ans, j'ai réalisé qu'il me fallait un métier. Mon seul talent est d'être habile de mes mains... et de mon corps entier. Forgeron? Trop faible et trop petit...Marchand? Je sais à peine compter... Cuisinier? N'y pensez même pas.
Je pousse un soupir de résignation. Eh bien, je serai voleur... Sauf qu'il y a un problème. Placarder aux murs une affiche "Voleur spécialisé dans les riches nobles arrogants (scrupules, quand vous nous tenez...), tarifs très abordables, disponible à toute heure de la semaine. Voir adresse ci-dessous pour les renseignements" revient à accrocher uen corde à une branche d'arbre, faire une boucle autour de son cou et sauter. Ni l'un ni l'autre ne me tentent vraiment...Et le plus dur est de trouver un employeur. Le premier à qui j'ai proposé mes services m'a ri au nez, et a refermé sa porte.
Il l'a quand même rouverte, et a accepté de me prendre à l'essai, quand je lui ai rendu sa bourse. Test réussi...

Me voilà donc voleur professionnel. J'ai acheté quelques livres, pour apprendre certaines choses utiles. D'ailleurs, je vais récupérer mon paiement. Je donne ma bague à mon commanditaire, et je repars chez moi. Continuer à vivre ma nouvelle vie...
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Re: [Fiction] Clair-obscur

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